Arts de rue : comment les journalistes choisissent les sujets qu'ils traitent ?

  • #1

    Les relations avec la presse sont souvent un véritable casse-tête pour les compagnies tout court, a fortiori celles dédiées aux arts de la rue, car leur structuration et leur budget ne leur permettent pas, la plupart du temps, de se payer les services d’un(e) attaché(e) de presse.

    Comme les temps de diffusion sont souvent concentrés l’été, et dans le cadre des festivals, la presse nationale se déplace sur les gros événements (Chalon, Aurillac), devant se contenter d’annoncer simplement les autres manifestations de moindre envergure. Ces festivals-phares ayant un service de presse très bien organisé, les sujets seront choisis avec leur collaboration avisée, car l’idée est de mettre en avant les propositions artistiques programmées voire coproduites, qui correspondront davantage à tel ou tel type de support.

    A Chalon, le service de presse n’hésite pas à signaler quelques spectacles Off, sélectionnés avec les organisateurs ; ailleurs, c’est plus compliqué. Mais face à quelques vraies critiques, la plupart des articles dans la presse nationale, il faut bien l’avouer, sont des papiers d’annonce, informant simplement des dates et citant quelques grands noms « à ne pas rater ». Alors, comment s’y prendre pour attirer l’attention des journalistes ?

    Non, pas en faisant déborder leurs boîtes mail d’informations et de visuels en amont des festivals. Un seul teaser bien pensé suffit ; pas la peine de revenir cinquante fois sur le fait que la compagnie Bidule passe à Trifouilli les Oies, puis à St Martin les Berdouilles, puis … Ce genre de mails passe généralement directement à la trappe, et risque de nuire à la compagnie si le journaliste finit par croiser sa route.

    La connaissance du support et des sujets généralement traités permet, par contre, de cibler plus habilement sa communication. Un journaliste sera attiré par la pertinence de la proposition artistique et par l’angle sous lequel celle-ci est présentée. L’« angle » est le point de vue sous lequel il va traiter l’information.

    Par exemple :
    - le festival x rapporte à la communauté x centaines de milliers d’euros
    - ou draine w milliers de touristes/spectateurs/festivaliers
    - ou encore, le festival présente chaque année une majorité de créations
    - ou une accroche type : où sont les « arts de la rue » dans ce festival où quasi tout est présenté à l’intérieur, avec billetterie, etc... ?

    Dans le meilleur des cas, il est possible de croiser les journalistes ou de demander aux attachés de presse de les rencontrer. Dans le pire (il faut aussi comprendre qu’ils sont sur-sollicités), un bon dossier de presse fait l’affaire. Quelle est donc la spécificité du spectacle, de la compagnie ? En quoi mettent-ils en œuvre un point de vue, un savoir faire différents des autres ? C’est ça qui risque d’attirer le journaliste ; s’il a le temps de voir la production ou l’envie de l’annoncer. Car l’autre point important à connaître est que les productions qui ne tournent pas ont peu de chances d’être couvertes par les journaux (à moins d’être vraiment exceptionnelles ou produites par des compagnies phares, quasi inévitables). Pourquoi ? Parce que les journaux nationaux sont, par définition, lus partout, et qu’il est important que le lecteur de l’autre bout de la France puisse avoir une chance de croiser, un jour, la route du spectacle dont il est question. Sinon, l’investissement n’en vaut pas la chandelle, car le moindre cm² d’espace s’arrache dans les rédactions et la culture se retrouve souvent avec la partie (très) congrue.

    Reste, dès lors, la PQR (presse quotidienne régionale), dont on dit souvent à tort qu’elle se consacre aux chiens écrasés. Il faut au contraire souligner que certains journalistes locaux connaissent et aiment vraiment la culture et qu’ils se donnent les moyens d’exerccer correctement leur métier. De plus, ils sont assez aisément accessibles (sauf dans les grandes rédactions implantées dans des métropoles comme Marseille, par exemple, où ils croulent sous l’actalité sans pour autant avoir assez de place pour tout traiter).

    L’angle sous lequel on parle d’un spectacle est primordial, vis-à-vis de ces journalistes-là aussi, d’où l’importance du dossier de presse, mais souvent ils sont aussi à l’écoute des propositions d’interview, car les lecteurs aiment ces témoignages de proximité.

    Bref, la route est longue. Mais avant toute chose, la vraie question à se poser est : pourquoi diable tant se bagarrer pour lire son nom dans le journal ? Que faire d’un article ? A quoi pourra-t-il servir ?
    En fonction de cela, on s’adresse de façon différente aux différents journalistes, en mettant en valeur tel ou tel aspect de son travail. Et puis, on croise les doigts pour que cet aspect lui parle, que son chef de rubrique soit d’accord, et qu’une vedette de la chanson ou du cinéma n’ait pas la malencontreuse idée de casser sa pipe le jour de la parution, sous peine de voir inéluctablement le papier passer aux oubliettes…

     

    Retrouvez tous les conseils de la communauté Ulule pour savoir comment communiquer sur votre projet.

     Message posté le 18 septembre 2010 à 16 h 44 (il y a 4 années, 3 mois)
     Message posté le 12 octobre 2010 à 11 h 53

  • #2

    Le journalisme aussi est un art de rue, tenez-vous le pour dit.

     Message posté le 22 mars 2011 à 10 h 19 (il y a 3 années, 9 mois)

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