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floriane

Arts de rue : comment traiter les experts, membres des commissions de subvention ?

Question posée par floriane l 18 septembre 2010 - Réédité l 12 octobre 2010
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Que ce soit dans les commissions DRAC ou en centrale (au ministère de la Culture), il faut savoir avant tout que les experts sont totalement bénévoles. Ils ne reçoivent aucun défraiement pour leur présence lors des commissions qui peuvent durer plusieurs jours (trois, en général, pour le théâtre en DRAC Ile-de-France), et encore moins pour leurs déplacements dans toute la région pour assister aux spectacles et aux festivals. Ils sont censés être défrayés par les structures qui les emploient.

En centrale, les experts se voient transmettre  des dossiers dont ils seront les rapporteurs ; ils sont priés de vérifier l’état d’avancement des projets, car entre la réunion et le moment où le dossier a été envoyé, plusieurs mois se sont écoulés. En DRAC, les experts se voient désigner, par tirage au sort, plusieurs compagnies dont ils sont chargés de suivre le travail sur toute l’année. Le jour J, il est important qu’ils soient présents autour de la table, car pour peu que les autres experts ne connaissent pas ces artistes, le fatidique « La commission ne peut se prononcer » risque bien de tomber. C’est souvent le cas, malheureusement, pour les arts dits  « mineurs » : arts de la rue, marionnettes, théâtre jeune public, que la majorité des experts ne suivent que de (plus ou moins) loin. C’est pourquoi il est important que les artistes eux-mêmes n’hésitent pas à faire la démarche de se faire connaître auprès des experts et de leur envoyer autant d’informations à jour que possible.

Pour cela, plusieurs possibilités :

- la liste des contacts mail peut être demandée auprès de l’instance de subvention. Sans sursaturer les boîtes des experts, un envoi de dossier récent peut être utile. Tous les experts recevront une description de tous les dossiers, sous forme de fiche signalétique. Donc, autant soigner particulièrement les experts en charge du suivi de la compagnie, sans pour autant négliger les autres. Pour ce qui est de la commission nationale, ce sont les rapporteurs qui doivent faire la démarche de contacter les artistes (car le nom des rapporteurs est tenu secret), mais il n’est pas inutile d’envoyer un dossier complet à l’ensemble de la commission.

Après cet envoi, certains « travaillent les experts au corps ». Sans aller jusqu’à l’épuisement des uns et l’exaspération des autres, il peut être utile d’établir un contact suivi avec l’expert désigné pour suivre le travail de la compagnie. L’informer des dates et lieux de programmation en région ; lui indiquer clairement les moyens d’y accéder ; au besoin, lui proposer de bénéficier d’un covoiturage lorsque cela est possible. Il ne s’agit pas de leur « lécher les bottes », mais simplement de rendre possible leur tâche qui peut vite d’avérer ingrate lorsqu’ils ne possèdent pas de véhicule et que les lieux de programmation sont (quasi) inaccessibles en transports en commun.

Il n’est pas non plus superflu d’établir un dialogue plus suivi avec l’expert : le tenir informé de l’évolution des projets de la compagnie (tournées, créations, ateliers, implantation), ainsi que de ses besoins. L’expert n’est pas un guichet de banque, mais il pourra tenir compte de la situation de l’artiste lorsqu’il fera son rapport et donnera un avis, plus ou moins favorable, lors du tour de table. A la différence de la DRAC, les rapporteurs en centrale n’ont pas une année pleine pour suivre le travail des compagnies, mais juste quelques semaines pour les contacter et se rendre compte de l’évolution du projet. Un dialogue est pourtant possible et jouer la transparence est ce qui s’avère le plus souvent payant. Pas question de confirmer effrontément une aide de la DRAC non obtenue : vérification est faite avant la réunion de la commission, et les avis favorables (et défavorables) sont notifiés à l’assemblée. Pas question non plus de prétendre avoir finalisé une série de résidences et une tournée mirobolantes auprès des CNAR et autres lieux et événements phares ; généralement, tout ce petit monde se connaît et a vite fait, en trois coups de fil, de vérifier la véracité du contenu des dossiers.

Alors, les experts, ça se soigne, sans s’hyperalimenter ; le plus payant étant, à terme, l’honnêteté et le dialogue.

Retrouvez tous les conseils de la communauté Ulule pour savoir comment obtenir des subventions.

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