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floriane

Arts de rue : quelle diffusion (inventive) en temps de crise ?

Question posée par floriane l 18 septembre 2010 - Réédité l 12 octobre 2010
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Il fallait s’y attendre : en tant de crise, les budgets alloués à la culture et aux programmations ont tendance à stagner, voire à régresser. Alors que certains se désespèrent, d’autres redressent la tête et font preuve d’inventivité. Ainsi, la compagnie de danse Osmosis, à cheval entre la salle et la rue, vient de mettre au point un concept de « géométrie variable » pour ses spectacles en diffusion.

Déjà auparavant, le directeur artistique avait su alterner petites formes (solos, duos avec projections) et formats plus imposants (en termes scénographiques, mobilisant haillon de poids lourd, grands écrans et parfois même containers et manitou). Les uns et les autres permettaient de multiplier les points de diffusion possibles, avec partout un succès égal, il faut bien l’avouer.

Dans le même temps, pour augmenter les chances d’ubiquité de la compagnie, le directeur artistique organise la transmission de certaines pièces du répertoire, les revisitant et leur donnant une seconde vie par la même occasion. Ainsi « Waterfloor », écrit et interprété à l’origine par un homme (que l’on voit également dans la vidéo projetée en fond de scène) est transmis à une danseuse, et la critique d’apprécier cette « nouvelle jeunesse » d’une proposition artistique pas si ancienne – et qui permet de multiplier, sans dénaturer l’éthique artistique, les points de diffusion.

Avec la crise qui frappe actuellement tous les secteurs, la compagnie va plus loin et invente un concept de déclinaison de ses spectacles existants en nouvelles formes, à géométrie variable. Ainsi, le trio de manitou, containers et danseurs, peut-il se transformer en solo sans que le propos sur l’émigration clandestine (un thème récurrent chez Osmosis) s’en voit profondément transformé. Ainsi aussi, sa dernière création du printemps dernier, « (Des)astres du monde », mettant en présence trois danseurs, une comédienne, un musicien et un photo-reporter, va-t-elle faire l’objet cet automne d’un travail de remodelage, sans doute pour un danseur, un photo-reporter et toujours une projection d’images dans une scénographie renouvelée, jouant sur la relation entre l’intérieur et l’extérieur de l’habitacle théâtre.

Face aux difficultés communes de produire et de tourner dorénavant des « grandes formes », l’équipe aurait pu baisser les bras. Elle a, au contraire, réussi à faire de ce moment délicat une force, en écoutant les difficultés des programmateurs malgré leurs envies et leur intérêt d’accueillir la troupe. Et plutôt que de camper sur des positions artistiques intransigeantes, elle a su en profiter pour revisiter, réinventer presque l’écriture de certaines pièces, existantes ou en devenir. C’est grâce à cette adaptabilité que la troupe se voit inviter un peu partout (dans le monde), car la valeur artistique est toujours bien présente, même s’il est tenu compte de la réalité de chacun des interlocuteurs.

Retrouvez tous les conseils de la communauté Ulule pour savoir comment communiquer sur votre projet.

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  • floriane floriane , ici et là