Comment écrire un bon reportage

  • #1

    Ce ne sera pas ici que vous aurez votre prix Pulitzer. Mais contre l’angoisse de la page blanche, ça peut aider. Cinq petits conseils pour écrire un reportage du tonnerre, un papier digne de la profession, vous les trouverez ici, exemples fournis ! 

    1. Ne garder que le plus intéressant
    En vérité, un reporter n’est pas toujours chanceux. Comme un photographe qui bourre sa carte mémoire de photos médiocres, il faudra des pages et des pages de scribouillages pour avoir LA citation à garder. Avant de commencer à écrire, relisez vos notes plusieurs fois, barrez le superflu, éliminez l’éliminable pour ne garder que l’essence, ce qui correspond à votre angle + ce qui est digne d’être raconté. Tout ça, sur un document à part, où l’on pourra tranquillement hiérarchiser les infos, de la plus intéressante à celle dont on pourrait se passer, mais qu’il faut tout de même préciser.
     
    2. Vivre son texte
    « Les autorités se sont rencontré aujourd’hui pour signer un accord prévoyant… » NON !!! C’est rasoir. Un bon reportage doit sentir le vécu, histoire de prouver qu’on était bien sur place. Il fait appel aux cinq sens et, avant tout, suscite des images à la lecture. C’est comme ça qu’on respecte la première règle du style et qu’on retient l’attention du lecteur. Exemple dans ce reportage de Pierre Georges pour Le Monde sur le sacre de Bokassa Ier, en 1977 :

    • « Bangui s’était réveillée moite, encore mouillée d’un de ses orages de nuit qui font ici le ménage pour des aubes somptueuses. Une aube simplement troublée de temps à autre par le ronflement d’une moto, aux chromes étincelants. Brusquement, à 6 heures, les cloches de Bangui s’étaient mises à sonner le réveil impérial. Point n’en était vraiment besoin. La capitale ne pouvait guère ignorer que le "jour inoubliable", inlassablement annoncé par la Voix de l’empire Centrafricain était arrivé. (…) Bangui était enfin prête. »

    Si Pierre Georges a réussi son coup, vous avez envie de lire la suite.

    3. Raconter une histoire
    C’est l’autre grand devoir du reporter : son nez de fin journaliste lui donne une vision générale de ce qu’il doit rapporter. Cette même vision qui lui donne une histoire, comme un petit conte avec accroche, développement, point critique et conclusion, pas en forme de « ils eurent beaucoup d’enfants » mais presque. Autre exemple avec la campagne électorale de Jesse Jackson, en 1988, racontée par Jan Krauze :

    • « La scène, on la connaît par cœur. C’est peut-être la dixième fois en deux jours qu’on y assiste : le révérend Jesse Jackson, entouré d’une nuée d’enfants, entonne le refrain obligé, le tube de sa campagne : "Qu’est-ce qui se passe mardi prochain ? – C’est supermardi ! – Qu’est-ce que vous allez faire ? – Voter ! – Pour qui vous allez voter ? – Jesse Jackson", hurlent les gamins, Noirs et Blancs confondus, tandis que le pasteur rit à gorge déployée. »

    Suit le développement, la campagne très originale de Jesse Jackson, et la fin du reportage, qui rejoint le début pour former une jolie boucle infinie : «  Sur chaque bras, il porte un bébé : un Noir et un Blanc évidemment. »

    4. Rester subjectif
    On ne vous demande pas d’écrire à la manière d’un grand reporter ou d’un écrivain alcoolique, on vous demande votre touche, votre vision, votre opinion. Pas la peine d’essayer d’être objectif, d’ailleurs, ce qui vous sera arrivé vous aura forcément personnellement touché et c’est à partir de là qu’on vous demande d’écrire. Seule (grosse) contrainte : le souci de respecter la vérité. Tout le reste, à vous de voir, et plus le papier est basé sur vos impressions, plus il est intéressant.
     
    5. Prendre du plaisir
    Un article qui aura été écrit avec beaucoup de sueur, sans inspiration, voire sous la contrainte, ça se sent. Le reportage ne sera bon que si le sujet vous intéresse et que vous avez derrière la tête l’idée de faire passer un message auprès de vos lecteurs. Être capable d’écrire un roman en 3000 signes, de captiver son lectorat et de lui apprendre des choses, et enfin de ne jamais rechigner à revoir sa copie, c’est à ça qu’on reconnaît le bon reporter.

     Message posté le 26 octobre 2010 à 12 h 44 (il y a 3 années, 11 mois)
     Message posté le 27 octobre 2010 à 18 h 53

  • #2

    Mais c'est à lire avant chaque news à écrire ca!!! ;)

     Message posté le 27 octobre 2010 à 18 h 54 (il y a 3 années, 11 mois)

  • #3

     Message posté le 28 octobre 2010 à 10 h 46 (il y a 3 années, 11 mois)

  • #4

    Eh mais clairement mylene-paquette, fais-nous vivre ton odyssée !

     Message posté le 28 octobre 2010 à 11 h 22 (il y a 3 années, 11 mois)

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