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Comment mener une bonne interview

  • #1

    Différent du reportage, plus vivant que le compte-rendu et plus humain que le desk, l'interview est sans doute l'exercice le plus ardu du journalisme. Mettre votre interlocuteur à l'aise, poser des questions pertinentes, obtenir des réponses et enfin, écrire un papier vivant, c'est à ça qu'on reconnaîtra en vous le journaliste qui déchire.

    1. Une bonne prise de contact
    Ca commence souvent par téléphone ou par mail. Le tout premier contact, mieux vaut quand même le faire par téléphone, ça impose une réponse directe et si on est doué à l’oral, on s’en sort mieux. Si on est geek, alors c’est un mail, mais faudra pas s’étonner de ne pas avoir de réponse. Dans tous les cas, le message se doit toujours d’être cordial, chaleureux mais pas trop, pas de lèche-bottes non plus et surtout, vous ne décidez rien encore : à l’interviewé de choisir le moment et l’endroit (si possible, un lieu qui lui correspond).

    2. Des questions ouvertes
    Gros, très gros écueil qui vient de la télé : la tendance à poser une question qui se répond par oui ou non. On oublie, on préfère les questions plus complexes, celles qui correspondent plus à l’interviewé et on commence toujours par une question très large, style « racontez-moi ce qui vous a poussé à faire ce film », histoire de mettre en confiance et qu’on obtienne les réponses les plus longues possibles aux questions suivantes.

    3. Le mettre à l’aise
    Si vous êtes mal à l’aise, l’interviewé le sera aussi. Si vous faites des « euuuuh » en regardant vos notes parce que vous avez perdu la question suivante, d’une part, rangez-vos notes, d’autre part, apprenez qu’une interview se passe d’autant mieux lorsqu'elle ressemble à une vraie conversation. Evitez les longs silences, ne coupez pas sans cesse la parole, faites des blagues (drôles, si possible), bref, soyez à l’aise et l’autre le sera. Mais gardez en tête que vous n’êtes pas potes.

    4. Obtenir des réponses
    C’est ce que nous ont appris les anglo-saxons, à force de répéter 36 fois la même question quand une célébrité ne veut pas y répondre. C’est sans doute un peu trop caricatural, l’essentiel est de garder sa question en tête quand on écoute la réponse, la reformuler si l’on n’est pas satisfait, en somme de venir en interview avec une certaine idée des réponses et de tenter par tous les moyens d'obtenir ce qu'on cherchait, tout en restant ouvert à toute information nouvelle.

    5. La prise de notes
    Si vous cherchez une simple citation pour un article, la prise de notes est facultative, beaucoup de journalistes se contentent de discuter et de rentrer ensuite pour aller broder tout ça sur l’ordinateur. En interview complète, le magnétophone est conseillé, personnellement je préfère quand même le bloc-notes (la retranscription de l’audio, c’est un travail d’esclave). Les prises de notes, en tout cas, vous rappelleront la fac, avec plus d’exactitude. Prendre les citations telles quelles lorsqu’elles sont importantes, souligner ce que l’interviewé souligne, numéroter les questions, ajouter des détails visuels ou auditifs…


    6. Un angle/une forme originale
    Le questionnaire de Proust : déjà vu. La promo-flash d’un livre, un acteur qui parle de son personnage, ça n’intéresse personne. Le « rires » écrit en italique entre deux phrases, ça ne veut rien dire. Bref, beaucoup trop d’écueils à éviter en interview, ça s’explique surtout par le fait que le journaliste en reste au superficiel, mais pas vous, parce que vous êtes un super-journaliste avec de la profondeur à revendre. 

    7. Gardez contact
    L’éthique vous impose au moins une règle : envoyer l’interview publiée. A vous de voir ensuite quel droit de regard vous laisserez à l’interviewé avant publication. De plus en plus de célébrités (même les pseudos) demandent des corrections, des coupures, voire un peu de promo en plus. Ne vous laissez pas faire, soyez ouvert sans être au service de la personne.

    Je vous laisse avec un contre-exemple de la bonne interview : Mouloud Achour, dont les interviews me donnent souvent envie de manger des clous.

     Message posté le 26 octobre 2010 à 10 h 59 (il y a 6 années, 8 mois)
     Message posté le 03 novembre 2010 à 09 h 44

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