
- Prendre le temps : de trouver puis de choisir ses partenaires. Combien de fois (trop !) voit-on, quelques semaines, parfois même quelques jours avant la dead line, certains porteurs de projet contacter désespérément des gens qu’ils connaissent à peine, voire pas du tout, et qu’ils supplient presque d’accepter de devenir partenaires dans un projet qu’ils ne connaissent pas ? Comment veut-on qu’un tel projet fonctionne ? (de façon démocratique et concertée s’entend).
- Le temps aussi de choisir le programme de financement qui convient le mieux au projet (voir Dossier Européen : comment choisir le bon programme ?) et, le cas échéant, de demander conseil au Relais Culture Europe. Il ne sert à rien de vouloir, à toute force, faire rentrer un projet dans le cadre d’un programme, tout simplement parce que la date de réception des réponses correspond au planning de la production en cours ou parce que « des jeunes, des étudiants et des volontaires, c’est assez facile à intégrer à une candidature » (sans pour autant que le cœur de l’action leur soit destiné).
- Prendre la peine de se documenter sur la politique que développe l’Europe, et dont la culture fait partie intégrante. L’Agenda 21 vise d’ailleurs à la mettre au cœur des politiques générales. Cette façon de penser permet de revisiter les notions de « pré carré », de corporatisme et de protectionnisme, qui n’épargnent pas le secteur culturel, et d’envisager son projet sous l’angle non seulement de l’innovation esthétique ou de la mobilité, mais aussi sous l’aspect économique, de l’emploi, de l’environnement, du développement territorial, etc. Certains artistes ne veulent pas entendre parler de ces questions ; au personnel administratif qui les entoure de s’y coller et de questionner, voire positionner la pratique en fonction de ces paramètres. Sans y perdre son âme, l’artiste peut y gagner en portée.
- Se tenir au courant de cette politique européenne prend, là encore, du temps. Internet est pour cela une ressource précieuse ; le site de la Commission (http://ec.europa.eu) est assez bien fait (même s’il arrive que certaines pages ne soient pas traduites en français : l’anglais, de toute façon, s’impose à un moment ou à un autre dans les relations internationales). Il existe d’autres sources, comme Culture Action Europe (http://www.cultureactioneurope.org), qui exerce une veille active et tente de se poser en interlocuteur entre la société civile et la Commission.
- Alors, et seulement à partir de là (idéalement s’entend), on peut commencer ensemble (avec ses partenaires) à réfléchir au projet et à ses différentes composantes, à la manière de le mener à bien (quel planning, quelles actions, quel budget). Un dossier européen n’est pas seulement un exercice de rhétorique ; c’est une façon de réenvisager son métier et ses pratiques, à l’échelle européenne, et avec des partenaires (parfois) à découvrir en un échange de « bonnes pratiques ». Une candidature réussie n’est pas seulement un apport financier supplémentaire, vers lequel on se tourne en temps de crise ou de révision des politiques locales ; c’est un état d’esprit.
- Le Relais Culture Europe a publié un Manuel européen à l’usage des acteurs culturels (disponible en ligne sur la page d’accueil du site : www.relais-culture-europe.org). Il organise également des formations (courtes ou de moyenne durée) régulières, à Paris et en région, et prodigue de précieux conseils à ceux qui demandent un rendez-vous d’évaluation d’un projet.
Les sommes en jeu ne sont pas toujours considérables (même si les zéros peuvent s’accumuler pour certaines lignes de programme). L’essentiel, pour réussir une candidature européenne, est d’essayer de comprendre quels sont les enjeux généraux de l’Europe, et ne pas vouloir tordre les programmes pour les faire correspondre, à toute force, au besoin d’argent (ou de mobilité) d’une compagnie ou d’un projet. C’est souvent peine perdue.
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