BackBackMenuClosePlusPlusSearchUluleUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTube

Faire un crowdfunding dans la bande dessinée : pour qui, pourquoi ?

  • #1

    Le financement participatif exige beaucoup d’organisation et une certaine rigueur. Loin d’être la solution miracle que certains imaginent, une collecte de financement participatif nécessite beaucoup de travail et de temps. Alors, qu’est-ce qui pousse un auteur à se lancer dans un crowdfunding ? Quel type de projet souhaite-t-il concrétiser ? Revue détaillée de ce que nous voyons passer sur Ulule.

    (Cet article fait partie d'une série d'articles sur la BD et le crowdfunding à retrouver ici)

     

    Une alternative au système traditionnel

    Avant d’envisager le financement participatif, plusieurs auteurs ont tenté de publier leur projet via le système traditionnel. Parfois, et ce fut le cas de Laurel, les propositions sont tellement décevantes que les auteurs préfèrent chercher une alternative. « La meilleure proposition qu’on m’ait faite pour Comme convenu se résumait à l’équivalent d’un salaire mensuel de 220 euros, étalé sur les 3 ans nécessaires à la réalisation de toute l’histoire ». Très vite, l’idée de l’auto-production par un financement participatif est donc apparue comme « le seul moyen de voir un jour une version papier de cette bande dessinée ».

    Pour d’autres, il a tout simplement été question d’un refus, comme le montre la trajectoire d’Infinite Loop, album de SF qui a collecté plus de 12 000€ sur Ulule. La BD avait été refusée par quatre éditeurs mais les deux auteurs, Pierrick Colinet et Elsa Charretier, ont décidé de persister : « Nous avions décidé de faire Infinite Loop tous les deux, sans entendre les “non” des éditeurs, quoi qu’il arrive ». La collecte Ulule leur permet d’imprimer le livre, mais surtout agit « comme un tremplin qui nous a permis de nous lancer ». Suite à ce succès, Infinite Loop tape dans l’oeil de la prestigieuse maison d’édition IDW Publishing et une réédition ainsi que le tome 2 sont signés chez Glénat Comics.

     

     

     

    La sortie de son premier album

    Toujours difficile pour un auteur de faire publier son premier ouvrage : manque de notoriété, pas assez de contacts, peu d’expérience pour contacter les maisons d’édition, etc.

    Le crowdfunding permet à l’auteur de “tester” son projet directement au contact du public et lui fait profiter de la visibilité de la plateforme, ce que les porteurs de projet voient souvent comme « une rampe de lancement ». Une visibilité qui peut aussi servir aux maisons d’édition, comme ce fut le cas pour Sous le lit, première BD de Mr Q éditée par la maison d’édition Des ailes sur un tracteurPlouc Fiction de Flock ou Gratuit de Clé, tous les deux édités par Les Éditions de Jack is on the Road.

    Au-delà de la communication, une collecte de crowdfunding peut permettre de débloquer des financements afin de se consacrer pleinement à son oeuvre, chose difficile pour un jeune auteur dont la plupart sont obligés d’allier leur passion à un travail alimentaire. Naïs Quin lance ainsi en janvier 2016 une collecte afin de mener à bout son projet coup de coeur, Ramona, sur lequel elle travaille depuis des années.

     

     

    L’envie de publier des projets personnels

    De nombreux auteurs passent par le crowdfunding pour réaliser des projets personnels qui leur tiennent à coeur. Ces auteurs ont des contrats dans des maisons d’édition pour des albums qu’ils publient régulièrement, mais ils utilisent le financement participatif pour concrétiser des objets éditoriaux sur lesquels ils travaillent en parallèle. Cela peut être un livre de croquis comme Dav, des belles images comme Cyril Pedrosa, une figurine comme Benjamin Lacombe ou son propre artbook comme Julien Hugonnard-Bert. Pourquoi ne pas lancer ces projets via le système traditionnel ? « Pour la liberté éditorial», nous répond Dav. « Je voulais publier un livre qui se rapproche le plus de mon livre de croquis original, pas question de modifier le style ou de le rendre plus propre. Or, cela était impossible à faire publier via une maison d’édition, je me suis dit tant pis, je vais le faire moi-même alors ! ». Julien Hugonnard-Bert explique que ses collectes Ulule lui permettent « de ne pas dépendre exclusivement d'une maison d'édition et donc, d'avoir le temps de développer des projets plus personnels ». Le crowdfunding rime donc avec originalité, créativité et liberté pour ces auteurs. « C’est la liberté. On est maître à bord et en contact direct avec notre public.(...) J’ai l’impression que je ne dois pas faire la même chose en publication traditionnelle et en financement participatif. En passant par Ulule, je me dois de proposer quelque chose d’atypique, qu’on ne trouve pas en librairie. (...) L’idéal pour moi serait de réussir à faire les deux : mes BD via l’édition et mes projets plus personnels via Ulule » nous raconte Dav. 

     

     

    Du blog BD à la version papier

    Créer une communauté en ligne est une force incroyable pour un auteur. À travers leur blog où ils partagent leurs dessins et leur quotidien, les illustrateurs blogueurs créent une communauté de lecteurs fidèles et engagés. La relation entre l’auteur et les lecteurs est très forte : sans intermédiaire l’illustrateur peut interagir directement avec sa communauté via les commentaires ou les réseaux sociaux. C’est cette forme de partage gratuite et cette proximité qui va transformer la collecte d’un illustrateur blogueur en une réussite. Les deux records BD sur Ulule sont ainsi des projets de publication papier de blogs BD personnels : Laurel et Maliki. Tous deux ont reçus durant leur collecte des centaines de messages de lecteurs heureux de pouvoir contribuer financièrement à leur travail après des années de lecture gratuite sur internet et les poussant à en profiter.

    (Commentaires tirés de la page Ulule de Comme Convenu)

     

    On pourrait également citer de façon plus modeste mais tout aussi réussie, Aby Cyclette et son album T’es-tu correc’ tiré de son blog personnel ou Mind, un webcomic entièrement disponible gratuitement sur internet et qui a attiré 239 contributeurs sur Ulule.

    Preuve que la gratuité sur Internet n’implique pas un échec commercial papier, ces projets sont l’exemple parfait de la bonne santé de la BD quand on lui donne les moyens de se mobiliser.

     

     

    Des projets collectifs

    Pour certains auteurs, le financement participatif est l’occasion de se regrouper pour réaliser un album collectif, original et unique. Que ce soit trois amis qui écrivent une histoire complète (Paradise City), un collectif de 10 auteurs réunis autour d’un thème (DIG) ou une association d’artistes (Squame), le crowdfunding permet à ces auteurs de réunir leur créativité autour d’un projet commun et de le proposer au grand public. « L'envie de travailler ensemble est née d'un besoin de produire et de créer tout en ayant une grande liberté mais surtout de pouvoir partager des choses, d'avoir le point de vue d'autres auteurs sur nos travaux, et de participer à la réalisation d'un livre de A à Z, des prémices d'une idée jusqu'à l'impression d'un ouvrage » raconte le collectif Dig.

     

     

     

    Fanzine : un objet culturel non identifié !

    Le fanzine, c’est l’objet créatif et alternatif par excellence. Complètement libre, cet objet culturel ne se définit pas facilement, ce qui explique sûrement sa présence sur les plateformes de crowdfunding. Le Freakshow ComixFlamingo ou Rockabilly Time, autant de publications qui se libèrent des cases et des convenances pour laisser libre cours à l’imagination des auteurs. Très présents en festival, le fanzine se distribue facilement et est un bon moyen de faire découvrir les univers d’artistes. Compliqués à ranger dans un genre, les fanzines sont pour la plupart auto-financés...pour le plus grand plaisir des Ululeurs !

     

     

    La BD, ce ne sont donc pas uniquement des albums, ce sont aussi des projets éditoriaux exigeants et libres qui prennent des formes différentes. Artbook, fanzine, livre de croquis… autant d’objets créatifs que les auteurs prennent plaisir à lancer via les plateformes de crowdfunding. Que ce soit par choix éditorial, pour plus de liberté ou par nécessité financière, le financement participatif est au coeur du bouillonnement créatif dans l’illustration. À l’image de ces multiples projets et des raisons qui amènent les auteurs à passer par Ulule, de nombreux autres acteurs font appel au crowdfunding. Exemples et témoignages dans un article à retrouver ici : "Le crowdfunding et la BD ce n'est pas seulement pour les auteurs !"

     Message posté le 25 janvier 2017 à 13 h 49 (il y a 3 mois)
     Message posté le 16 février 2017 à 15 h 28

Répondre

 Vous devez vous identifier pour répondre

Connexion  S'inscrire

 Statistiques